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Bail mobilité

Le bail mobilité est un contrat de location meublée de courte durée, sans dépôt de garantie, réservé aux personnes en situation de mobilité. Personnalisez le vôtre en quelques minutes — et maîtrisez chaque règle grâce à ce guide complet, à jour du droit français.

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Mis à jour le 11 juin 2026
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BAIL MOBILITÉ

Bail meublé de courte durée — loi ELAN, art. 25-12 et s. loi 1989

Entre les soussignés :

M. Jean Dupont, né(e) le 12 avril 1985 à Lyon (69), de nationalité française, exerçant la profession de Cadre, demeurant 10 rue de la Paix, 75002 Paris

ci-après désigné « le Bailleur »,

D'une part,

Et :

Mme Marie Martin, né(e) le 23 septembre 1990 à Bordeaux (33), de nationalité française, exerçant la profession de Ingénieure, demeurant 25 avenue Foch, 75116 Paris

ci-après désigné « le Locataire ».

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Infographie : Bail mobilité — points clés, durée de personnalisation et nombre de références juridiques
Bail mobilité en bref — l'essentiel à retenir

Qu'est-ce qu'un bail mobilité ?

Le bail mobilité est un contrat de location portant sur un logement meublé, conclu pour une durée de un à dix mois non renouvelable, au profit d'un locataire qui justifie d'une situation de mobilité. Créé par la loi ELAN du 23 novembre 2018, il est régi par les articles 25-12 à 25-18 de la loi du 6 juillet 1989.

Sa logique est de répondre à un besoin de logement temporaire — le temps d'une formation, d'un stage, d'une mission ou d'une mutation — sans imposer au locataire les engagements d'un bail classique d'un an, ni au bailleur le risque d'un occupant qui s'installe durablement. C'est un contrat souple, mais strictement encadré : il ne s'agit pas d'un bail meublé « allégé » que l'on pourrait utiliser librement.

Deux caractéristiques le distinguent nettement des autres locations : aucun dépôt de garantie ne peut être exigé, et le locataire conserve la liberté de partir à tout moment moyennant un simple préavis d'un mois. En contrepartie, le contrat n'est ni reconductible ni renouvelable : à son terme, il faut conclure un nouveau bail.

Un régime d'ordre public

La plupart des règles du bail mobilité s'imposent aux parties. Une clause qui prévoirait un dépôt de garantie, une durée supérieure à dix mois ou une reconduction tacite serait sans effet, voire entraînerait la requalification du contrat en bail meublé classique.

À quoi sert le bail mobilité et qui est concerné ?

Le bail mobilité sécurise une location de courte durée tout en restant protecteur pour le locataire. Il fixe l'identité des parties, le logement meublé loué et son inventaire, le motif de mobilité justifié, la durée, le loyer et les charges, ainsi que les modalités de paiement. Pour le locataire, c'est l'assurance d'un toit pour une période transitoire sans avancer de dépôt ni s'engager sur la durée ; pour le bailleur, c'est un cadre clair pour une mise à disposition temporaire.

Les parties au contrat

Le bailleur

Le propriétaire du logement meublé (ou son mandataire dûment habilité). Il garantit la jouissance paisible des lieux, leur conformité aux normes de décence et la présence du mobilier obligatoire.

Le locataire

La personne en situation de mobilité — étudiant, stagiaire, salarié en mission ou en mutation, volontaire — qui occupe le logement pour la durée de cette situation temporaire et verse le loyer.

Une condition tenant au locataire, pas au logement

C'est la situation du locataire qui ouvre droit au bail mobilité, et non la nature du logement. Le locataire doit justifier, à la date de prise d'effet, d'une formation, d'études supérieures, d'un contrat d'apprentissage, d'un stage, d'un engagement de service civique ou volontaire, d'une mutation ou d'une mission temporaire dans le cadre de son activité professionnelle.

Quels motifs de mobilité ouvrent droit à ce bail ?

Le bail mobilité est strictement réservé au locataire qui se trouve, à la prise d'effet du contrat, dans l'une des situations de mobilité limitativement énumérées par la loi (article 25-12 de la loi du 6 juillet 1989). Le motif doit être réel, mentionné au contrat et justifié par une pièce annexée.

  • Formation professionnelle.
  • Études supérieures.
  • Contrat d'apprentissage.
  • Stage.
  • Engagement de service civique ou volontaire.
  • Mutation professionnelle.
  • Mission temporaire dans le cadre de l'activité professionnelle.

Le justificatif doit être circonstancié : convention de stage, attestation de l'employeur, ordre de mission, certificat de scolarité, contrat d'apprentissage… Plus le descriptif est précis (organisme, employeur, références et dates), plus le bail est solide en cas de contestation.

Sans motif valable, le bail est requalifié

Si le locataire ne justifie d'aucun motif de mobilité, ou si le bailleur utilise ce contrat pour contourner les protections du bail meublé classique, le juge peut requalifier la location en bail meublé d'un an — un régime nettement plus protecteur pour le locataire (durée, reconduction, dépôt de garantie). Le motif n'est donc pas une formalité.

Quelle durée pour un bail mobilité ?

Le bail mobilité est conclu pour une durée librement fixée entre un et dix mois (article 25-12 de la loi du 6 juillet 1989). Cette durée est non renouvelable et non reconductible : il n'existe ni tacite reconduction, ni droit au renouvellement au profit du locataire.

  • Durée minimale : 1 mois. Durée maximale : 10 mois, sans exception.
  • La durée peut être modifiée une seule fois par avenant, à condition de ne jamais dépasser dix mois au total (avenant inclus).
  • Au terme du bail, si les parties souhaitent poursuivre, elles doivent conclure un nouveau bail d'une autre forme (meublé classique d'un an, par exemple) : un nouveau bail mobilité avec le même locataire et pour le même logement n'est pas possible.

Le congé du locataire

Le locataire peut résilier le bail à tout moment, sans motif, en respectant un préavis d'un mois. Le bailleur, en revanche, ne peut pas donner congé avant le terme : il s'est engagé pour toute la durée convenue.

Ne jamais dépasser dix mois

Laisser le locataire se maintenir au-delà du terme, ou conclure un bail de plus de dix mois, fait perdre au contrat son régime de bail mobilité. Surveillez l'échéance de près et anticipez la suite (départ, nouveau bail meublé classique).

Loyer, charges et absence de dépôt de garantie

L'absence de dépôt de garantie est la signature du bail mobilité. C'est une règle d'ordre public à laquelle aucune clause ne peut déroger (article 25-14 de la loi du 6 juillet 1989).

Le loyer est fixé librement entre les parties, sous réserve des règles d'encadrement des loyers applicables dans certaines zones tendues. Les charges peuvent être réglées sous la forme d'un forfait de charges versé en même temps que le loyer, ce qui simplifie la gestion d'une location de courte durée et évite toute régularisation en fin de bail.

Se prémunir des impayés sans dépôt

L'interdiction du dépôt de garantie ne prive pas le bailleur de toute sécurité. Il peut demander une caution — personne physique se portant garante — ou recourir à la garantie Visale, un cautionnement gratuit proposé par Action Logement, particulièrement adapté aux profils étudiants et en mobilité professionnelle.

Caution et Visale restent possibles

Aucun dépôt de garantie ne peut être exigé, mais une caution solidaire ou la garantie Visale demeure parfaitement admise. C'est le bon réflexe pour couvrir le risque d'impayé tout en respectant le régime du bail mobilité.

Un logement meublé et décent : le mobilier obligatoire

Le bail mobilité ne peut porter que sur un logement meublé. Le logement doit être décent et garni d'un mobilier en nombre et en qualité suffisants pour permettre au locataire d'y dormir, manger et vivre convenablement. La liste minimale est fixée par le décret n° 2015-981 du 31 juillet 2015, applicable à toute location meublée.

Couchage et rangement

Literie avec couette ou couverture, dispositif d'occultation des fenêtres dans les pièces de nuit, étagères de rangement.

Cuisine équipée

Plaques de cuisson, four ou four à micro-ondes, réfrigérateur et congélateur (ou compartiment à -6 °C au minimum), vaisselle en nombre suffisant, ustensiles de cuisine.

Espace de vie

Table et sièges, luminaires, matériel d'entretien ménager adapté aux caractéristiques du logement.

Un inventaire détaillé du mobilier doit être annexé au bail et signé par les parties. Il sert de référence pour comparer l'état d'entrée et de sortie. Le logement doit par ailleurs respecter les normes de décence : une surface habitable inférieure à 9 m² rend le logement non conforme.

Un inventaire trop succinct fragilise le bail

Listez précisément chaque meuble et équipement. Un inventaire incomplet ou imprécis prive l'état des lieux de sa valeur de preuve et peut être invoqué par le locataire pour contester la qualification de logement meublé.

Comment rédiger votre bail mobilité, étape par étape

Notre assistant vous guide question après question pour produire un bail complet et conforme. Voici les informations à préparer :

  1. 1Identifiez les parties : bailleur et locataire (nom, adresse, coordonnées).
  2. 2Décrivez le logement : adresse complète, surface habitable et inventaire du mobilier qui sera annexé.
  3. 3Précisez le motif de mobilité et son justificatif (organisme, employeur, dates), parmi les situations prévues par la loi.
  4. 4Fixez la durée du bail, de un à dix mois, et la date d'effet.
  5. 5Déterminez le loyer hors charges, le forfait de charges éventuel et les modalités de paiement (jour d'échéance, moyen).
  6. 6Indiquez le lieu de signature et la ville du tribunal compétent.
  7. 7Relisez le contrat, puis annexez l'inventaire, le justificatif de mobilité, l'état des lieux d'entrée et le diagnostic de performance énergétique (DPE).

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Les erreurs à éviter

Exiger un dépôt de garantie

Réclamer un dépôt de garantie est interdit et sans effet. Pour couvrir le risque d'impayé, recourez plutôt à une caution solidaire ou à la garantie Visale.

Omettre ou banaliser le motif de mobilité

Sans motif valable, justifié et annexé, le bail risque la requalification en bail meublé classique d'un an, bien plus contraignant pour le bailleur.

Dépasser dix mois ou prévoir un renouvellement

Une durée supérieure à dix mois, une reconduction tacite ou un renouvellement font perdre au contrat son régime de bail mobilité.

Négliger l'inventaire et l'état des lieux

Sans inventaire détaillé du mobilier ni état des lieux d'entrée signé contradictoirement, la restitution en fin de bail devient une source de litige.

Bail mobilité, bail meublé classique ou bail vide : quelles différences ?

Selon la durée du besoin et la situation du locataire, un autre contrat peut être plus adapté. Voici les principales différences :

CritèreBail mobilitéBail meublé classiqueBail vide
LogementMeubléMeubléNon meublé
Durée1 à 10 mois, non renouvelable1 an (9 mois pour un étudiant)3 ans (bailleur personne physique)
Dépôt de garantieInterdit2 mois de loyer maximum1 mois de loyer maximum
Condition de mobilitéOui (motif justifié)NonNon
Préavis du locataire1 mois1 mois3 mois (1 mois en zone tendue)
Tableau comparatif — Bail mobilité · Bail meublé classique · Bail vide

Fin du bail mobilité et suites

Le bail mobilité prend fin de plein droit à l'arrivée de son terme, sans congé à délivrer et sans tacite reconduction. Le locataire restitue le logement, et un état des lieux de sortie est établi contradictoirement, puis comparé à l'inventaire et à l'état des lieux d'entrée.

Si le locataire reste après le terme

Le contrat n'étant ni renouvelable ni reconductible, le maintien du locataire dans les lieux au-delà du terme suppose la conclusion d'un nouveau bail. À défaut, le bailleur peut se retrouver face à une occupation sans titre. Mieux vaut donc anticiper l'échéance et, si la relation se poursuit, basculer vers un bail meublé classique en bonne et due forme.

La colocation en bail mobilité

Le bail mobilité peut être conclu en colocation, mais il interdit la clause de solidarité entre colocataires : chaque colocataire n'est tenu que de sa propre part de loyer et de charges. C'est une particularité notable par rapport à la colocation en bail meublé classique, où la solidarité est fréquemment stipulée.

Pensez aux annexes obligatoires

Pour être complet, le bail mobilité doit être accompagné de l'inventaire du mobilier, du justificatif de mobilité, de l'état des lieux d'entrée et du diagnostic de performance énergétique. Ces annexes conditionnent la solidité du contrat.

Questions fréquentes

C'est un contrat de location d'un logement meublé, d'une durée de un à dix mois non renouvelable, réservé à un locataire en situation de mobilité (formation, études, stage, mission, mutation, service civique). Il a été créé par la loi ELAN du 23 novembre 2018 et n'exige aucun dépôt de garantie.

Ce guide est fourni à titre d'information et reflète l'état du droit français applicable. Pour une situation complexe ou à fort enjeu, nous vous recommandons de faire relire votre document par un professionnel du droit.

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