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Convention de prêt à usage (commodat)

Le prêt à usage, ou commodat, vous permet de mettre gratuitement un bien à la disposition d'un proche, à charge pour lui de vous le rendre. Rédigez votre convention en quelques minutes — et comprenez chaque clause grâce à ce guide complet, à jour du droit français.

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Mis à jour le 11 juin 2026
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Voici à quoi ressemble votre document, rempli avec un exemple. Le vôtre sera rédigé à partir de vos réponses.

CONVENTION DE PRÊT À USAGE (COMMODAT)

Articles 1875 à 1891 du Code civil

Entre les soussignés :

M. Jean Dupont, né(e) le 12 avril 1985 à Lyon (69), de nationalité française, exerçant la profession de Cadre, demeurant 10 rue de la Paix, 75002 Paris

ci-après désigné « Le Prêteur »,

D'une part,

Et :

Mme Marie Martin, né(e) le 23 septembre 1990 à Bordeaux (33), de nationalité française, exerçant la profession de Ingénieure, demeurant 25 avenue Foch, 75116 Paris

ci-après désigné « L'Emprunteur ».

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Infographie : Convention de prêt à usage (commodat) — points clés, durée de personnalisation et nombre de références juridiques
Convention de prêt à usage (commodat) en bref — l'essentiel à retenir

Qu'est-ce qu'un prêt à usage (commodat) ?

Le prêt à usage, traditionnellement appelé commodat, est le contrat par lequel une personne (le prêteur) remet gratuitement un bien à une autre (l'emprunteur), pour qu'elle s'en serve, à charge de le restituer après usage. Il est régi par les articles 1875 et suivants du Code civil.

Sa caractéristique fondamentale tient en un mot : la gratuité. L'article 1876 du Code civil énonce que le prêt à usage est essentiellement gratuit. Le prêteur ne reçoit aucune contrepartie — ni loyer, ni prestation, ni service en échange. C'est précisément ce qui distingue le commodat du bail (qui suppose un loyer) et de la location de toute nature.

Autre trait essentiel : le prêteur reste propriétaire du bien. L'emprunteur n'en devient jamais propriétaire ; il en obtient seulement l'usage temporaire. Le bien prêté doit donc être un bien qui ne se consomme pas par l'usage que l'on en fait — une tondeuse, un véhicule, un logement, un terrain, un objet — car il faut pouvoir le rendre en nature à la fin. Lorsqu'un bien se consomme (de l'argent, des denrées), on parle de prêt de consommation, soumis à d'autres règles.

À quoi sert cette convention et qui est concerné ?

Mettre un bien à disposition « de la main à la main », sans rien écrire, est courant entre proches. Mais en l'absence d'écrit, tout devient discutable : la durée du prêt, ce qui était autorisé, l'état du bien au départ, qui paie quoi. La convention de prêt à usage fixe ces points noir sur blanc et protège les deux parties — sans pour autant rompre la confiance qui vous lie.

Elle vous sert surtout à prouver la gratuité du prêt. C'est un enjeu majeur : si vous prêtez un logement ou un terrain sans écrit et qu'une somme circule, l'occupant peut tenter de faire reconnaître un bail, avec toutes les protections qui s'y attachent. Un commodat clairement rédigé écarte ce risque et qualifie sans ambiguïté la nature de votre engagement.

Les parties à la convention

Le prêteur

La personne qui met le bien à disposition. Elle en reste propriétaire pendant toute la durée du prêt et le récupère à la fin. Elle supporte les seules dépenses extraordinaires nécessaires à la conservation du bien.

L'emprunteur

La personne qui reçoit le bien pour s'en servir. Elle doit en prendre soin en bon père de famille, ne l'utiliser que pour l'usage convenu, supporter les frais ordinaires d'usage, et le restituer en bon état.

Entre particuliers comme dans un cadre familial

Le prêt à usage est l'outil idéal pour prêter un véhicule à un proche, mettre un logement à disposition d'un enfant, prêter un terrain ou un matériel à un voisin, ou laisser une association utiliser un local — toujours à titre gratuit.

Quand utiliser un prêt à usage plutôt qu'un autre contrat ?

Le prêt à usage n'a de sens que si le prêt est réellement gratuit et porte sur un bien à restituer. Dès qu'une contrepartie apparaît, ou dès que le bien est destiné à être consommé, c'est un autre contrat qu'il faut choisir.

  • Vous prêtez gratuitement un bien qui sera rendu en nature (véhicule, matériel, logement, terrain) : le prêt à usage est le bon cadre.
  • Vous percevez un loyer ou une somme régulière en échange de l'occupation : il s'agit d'un bail, pas d'un commodat.
  • Vous prêtez de l'argent : c'est un prêt de consommation ; une reconnaissance de dette ou un contrat de prêt entre particuliers est plus adapté.
  • Vous attendez une prestation ou un service en retour : la gratuité disparaît, le commodat est exclu.

La moindre contrepartie requalifie le contrat

Demander à l'emprunteur une participation aux charges qui dépasse l'usage réel, un loyer même modique, ou une prestation en échange, fait basculer le prêt à usage vers un contrat onéreux (souvent un bail). Veillez à ce que rien, dans la convention, ne ressemble à une contrepartie de la mise à disposition.

Comment rédiger votre convention, étape par étape

Notre assistant vous guide question après question pour produire une convention complète et conforme. Voici les informations à préparer :

  1. 1Identifiez les parties : le prêteur et l'emprunteur (nom, prénom, adresse), pour que la convention soit nominative.
  2. 2Désignez le bien : sa nature en une ligne, puis une description précise (marque, modèle, numéro de série, accessoires, état réel et marques d'usure au jour de la remise).
  3. 3Délimitez l'usage autorisé : à quoi le bien peut servir, à quel endroit, en excluant tout usage commercial, tout prêt à un tiers ou tout emploi détourné.
  4. 4Choisissez la durée : déterminée (avec une date de restitution) ou indéterminée (avec un préavis de restitution).
  5. 5Indiquez la date de remise du bien, puis la date de fin ou le préavis selon le régime retenu.
  6. 6Précisez, si vous le souhaitez, les conditions particulières de restitution et les frais d'usage ordinaire à la charge de l'emprunteur.
  7. 7Choisissez le tribunal compétent, le lieu et la date de signature.

Un document à votre nom

Vous obtenez un PDF (et un format Word éditable) sans filigrane ni mention de la plateforme, conservé dans votre coffre-fort, prêt à être signé en deux exemplaires.

Les clauses essentielles de la convention

Une bonne convention de prêt à usage ne se résume pas à « je te prête, tu me rends ». Quelques clauses bien rédigées font toute la différence le jour où il faut récupérer le bien ou trancher un désaccord.

Désignation et état du bien

Décrivez le bien avec précision (marque, modèle, numéro de série, adresse, accessoires) et notez son état exact à la remise. C'est cette description qui sert de référence pour apprécier la restitution.

Gratuité du prêt

Rappelez expressément que le prêt est purement gratuit (article 1876 du Code civil) et qu'aucune contrepartie financière, en nature ou en services ne peut être exigée. C'est le cœur du commodat.

Usage autorisé

L'emprunteur ne peut se servir du bien que pour l'usage déterminé par la convention (article 1880). Plus vous le délimitez, plus vous pourrez contester un emploi détourné et exiger la restitution.

Durée et restitution

Fixez soit une date de restitution (durée déterminée), soit un préavis (durée indéterminée). À défaut de terme, le bien est dû après l'usage pour lequel il a été prêté.

Obligations de l'emprunteur

Il veille à la conservation du bien en bon père de famille (article 1880) et supporte les frais ordinaires d'usage (carburant, consommables, entretien courant — article 1886).

Risques et assurance

L'emprunteur assume la garde du bien et ses risques (perte, vol, destruction). Prévoyez, le cas échéant, qu'il souscrive ou étende une assurance pour la durée du prêt.

Restitution anticipée

Le prêteur peut, en cas de besoin pressant et imprévu, exiger la restitution avant le terme (article 1889). Le mentionner évite toute discussion le jour venu.

Tribunal compétent et droit applicable

Une clause précisant le droit français et le tribunal compétent facilite le règlement d'un éventuel litige, après recherche d'une solution amiable.

Durée, préavis et restitution du bien

La restitution est l'aboutissement naturel du prêt à usage. Les règles diffèrent selon que vous avez fixé un terme ou non — c'est le point à régler avec le plus de soin.

Prêt à durée déterminée

Si vous fixez une date de restitution, l'emprunteur doit rendre le bien à cette date, dans l'état où il l'a reçu, sous réserve de l'usure normale. En principe, vous ne pouvez pas le retirer avant le terme convenu (article 1888 du Code civil) — sauf besoin pressant et imprévu de votre part (article 1889). Ce régime convient lorsque la durée du prêt est connue à l'avance.

Prêt à durée indéterminée

Sans terme fixé, le bien doit être rendu après l'usage pour lequel il a été prêté. Vous restez maître du moment de la restitution, mais vous devez respecter un préavis raisonnable. Fixer un préavis chiffré dans la convention (30 jours minimum recommandé) évite toute discussion sur ce qu'est un délai « raisonnable » et vous donne une base claire pour notifier la reprise par lettre recommandée avec accusé de réception.

Le besoin pressant et imprévu

Même pour un prêt à durée déterminée, l'article 1889 du Code civil autorise le prêteur à reprendre son bien avant le terme s'il en a un besoin pressant et imprévu. C'est une soupape utile, à manier avec mesure et à motiver le moment venu.

Frais, entretien et obligations de chacun

La répartition des dépenses obéit à une logique simple : à l'emprunteur les frais liés à l'usage, au prêteur les frais nécessaires à la conservation du bien. Bien préciser ce partage évite la plupart des contestations à la restitution.

Ce qui reste à la charge de l'emprunteur

L'emprunteur supporte les frais ordinaires d'usage : carburant, recharge, consommables, entretien courant, nettoyage après usage (article 1886 du Code civil). Il doit aussi veiller comme un bon père de famille à la garde et à la conservation du bien (article 1880) : s'il l'emploie à un autre usage ou plus longtemps qu'il ne devait, il répond de sa perte, même par cas fortuit.

Ce qui reste à la charge du prêteur

Les dépenses extraordinaires, nécessaires et tellement urgentes que l'emprunteur n'a pu vous en prévenir, restent à votre charge en tant que prêteur (article 1890 du Code civil). De même, si le bien que vous prêtez comporte un défaut connu de vous et que vous n'en avez pas averti l'emprunteur, votre responsabilité peut être engagée (article 1891).

Des frais, jamais une contrepartie

Mettre à la charge de l'emprunteur la recharge de la batterie ou le nettoyage après usage est admis. En revanche, lui demander une somme forfaitaire mensuelle ferait basculer l'acte vers un contrat onéreux et requalifierait le prêt en bail. Restez dans le registre des frais réels d'usage.

Prêt à usage, bail ou prêt d'argent : quelles différences ?

Selon ce que vous prêtez et à quelles conditions, un autre contrat peut être le bon. Voici les principales différences :

CritèrePrêt à usage (commodat)Bail / locationPrêt d'argent
ObjetBien à rendre en natureBien à rendre en natureSomme d'argent (bien consomptible)
ContrepartieAucune (gratuit)Un loyerAvec ou sans intérêts
PropriétéReste au prêteurReste au bailleurTransférée à l'emprunteur
RestitutionLe bien lui-mêmeLe bien lui-mêmeUne somme équivalente
Cadre légalArt. 1875 et s. du Code civilBail (selon la nature du bien)Prêt de consommation
Tableau comparatif — Prêt à usage (commodat) · Bail / location · Prêt d'argent

Les erreurs à éviter

Introduire une contrepartie

Un loyer même modique, une participation forfaitaire ou une prestation en échange détruit la gratuité et requalifie le prêt en bail. Tenez-vous-en aux seuls frais réels d'usage.

Décrire le bien trop vaguement

Sans description précise et sans état au jour de la remise, vous n'aurez aucune référence pour apprécier la restitution. Notez marque, modèle, numéro de série, accessoires et marques d'usure existantes.

Laisser l'usage indéfini

Un usage flou ouvre la porte à un emploi détourné difficile à contester. Délimitez précisément la finalité, le lieu, et interdisez expressément le sous-prêt et l'usage professionnel.

Oublier de fixer un préavis

Sur un prêt sans terme, l'absence de préavis chiffré vous expose à des discussions sans fin sur le délai « raisonnable ». Prévoyez 30 jours au minimum, notifiés par lettre recommandée.

Négliger l'assurance et les risques

L'emprunteur assume la garde du bien et ses risques. Ne pas anticiper l'assurance peut laisser une perte ou un vol sans couverture pendant la durée du prêt.

Questions fréquentes

La loi n'impose pas d'écrit pour la validité du commodat, mais un écrit est vivement conseillé : il prouve la gratuité du prêt, fixe l'usage autorisé, la durée et la répartition des frais, et vous protège le jour où il faut récupérer le bien ou trancher un désaccord.

Ce guide est fourni à titre d'information et reflète l'état du droit français applicable. Pour une situation complexe ou à fort enjeu, nous vous recommandons de faire relire votre document par un professionnel du droit.

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