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Reconnaissance de dette

La reconnaissance de dette est l'écrit qui prouve qu'une personne doit une somme d'argent à une autre. Rédigez la vôtre en quelques minutes — et comprenez chaque mention grâce à ce guide complet, à jour du droit français.

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Mis à jour le 11 juin 2026
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RECONNAISSANCE DE DETTE

Je soussigné·e Jean Dupont, né·e le 12 avril 1985 à Lyon (69), demeurant 10 rue de la Paix, 75002 Paris,

reconnais devoir à Marie Martin, né·e le 23 septembre 1990, demeurant 25 avenue Foch, 75116 Paris,

la somme de 4 500,00 € (4500 euros),

que je m'engage à lui rembourser au plus tard le 31 mai 2027.

1. Origine de la créance

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Infographie : Reconnaissance de dette — points clés, durée de personnalisation et nombre de références juridiques
Reconnaissance de dette en bref — l'essentiel à retenir

Qu'est-ce qu'une reconnaissance de dette ?

La reconnaissance de dette est un acte écrit par lequel une personne, le débiteur, reconnaît devoir une somme d'argent déterminée à une autre, le créancier, et s'engage à la lui rembourser. C'est un acte unilatéral : il émane du seul débiteur, qui le signe et le remet au créancier comme preuve de la dette.

Sa force tient à une exigence de forme posée par l'article 1376 du Code civil : la somme due doit y figurer en chiffres et en lettres, écrite de la main même de celui qui s'engage. En cas de différence entre les deux mentions, c'est la somme écrite en toutes lettres qui prévaut. Cette double mention est ce qui confère à l'acte sa valeur probante renforcée : elle écarte tout soupçon de montant ajouté ou modifié après coup.

À la différence d'un contrat de prêt classique signé par les deux parties, la reconnaissance de dette ne suppose pas, pour exister, la signature du créancier. Elle constate une dette déjà née — un prêt déjà remis, une vente impayée, un service rendu — et organise son remboursement. C'est avant tout un instrument de preuve, conçu pour protéger celui à qui l'on doit.

À quoi sert une reconnaissance de dette et qui est concerné ?

Prêter de l'argent à un proche sans rien écrire est une source fréquente de conflits : le débiteur conteste le montant, nie l'avoir reçu, ou l'échéance se perd dans les souvenirs. La reconnaissance de dette met fin à cette incertitude. Elle fixe noir sur blanc le montant dû, la date de remboursement et, le cas échéant, les intérêts et les modalités. En cas de désaccord, elle constitue une preuve solide que le créancier pourra produire en justice.

Les parties à l'acte

Le débiteur

Celui qui doit la somme et s'engage à la rembourser. C'est lui qui rédige l'acte, recopie de sa main la mention en chiffres et en lettres, et signe.

Le créancier

Celui à qui la somme est due. Il conserve l'original de la reconnaissance : c'est sa garantie et le titre dont il pourra se prévaloir pour réclamer le paiement.

Un usage très large

La reconnaissance de dette ne sert pas qu'aux prêts d'argent entre amis ou en famille. Elle vaut aussi pour le solde impayé d'une vente entre particuliers, le règlement d'un service rendu, un rappel de loyers, ou plus généralement toute somme due dont on veut fixer durablement la preuve.

Quand une reconnaissance de dette est-elle nécessaire ?

Un écrit est non seulement utile mais souvent obligatoire pour faire la preuve d'une dette. Le droit français fixe pour cela un seuil précis, et plusieurs autres seuils encadrent les prêts importants.

L'article 1359 du Code civil impose un écrit pour prouver tout acte juridique portant sur une somme supérieure à 1 500 €. En dessous de ce montant, la preuve par tout moyen (témoignages, échanges écrits) reste théoriquement possible, mais elle est fragile : la reconnaissance de dette demeure vivement recommandée dès le premier euro prêté.

  • Au-delà de 1 500 € : l'écrit est nécessaire pour prouver la dette en justice (art. 1359 du Code civil).
  • Au-delà de 5 000 € de prêt sur une même année : le prêt doit en outre être déclaré à l'administration fiscale au moyen du formulaire CERFA n° 2062 (art. 49 B de l'annexe III du Code général des impôts).
  • Pour tout remboursement en espèces : le paiement entre résidents français ne peut excéder 1 000 € (art. L. 112-6 du Code monétaire et financier).

Ne pas confondre prêt et donation

Une somme remise sans intention d'être remboursée n'est pas une dette mais une donation, soumise à un régime fiscal distinct. La reconnaissance de dette suppose, par essence, un engagement de remboursement : rédigez-la uniquement si la somme doit effectivement être rendue.

Les mentions essentielles d'une reconnaissance de dette

Pour être pleinement opposable au débiteur, l'acte doit comporter un socle d'informations précises. Certaines sont exigées par la loi, d'autres sécurisent l'exécution et préviennent les contestations.

Identité complète des parties

Nom, prénom, date et lieu de naissance, et adresse du débiteur comme du créancier. Une identification incomplète peut compliquer le recouvrement.

Montant en chiffres ET en lettres

La somme due doit figurer dans les deux formes, recopiée de la main du débiteur (art. 1376). En cas de divergence, la mention en lettres l'emporte.

Origine de la créance

Préciser d'où vient la dette (prêt amical ou familial, solde de vente, service rendu, loyers impayés) qualifie l'acte et oriente, le cas échéant, sa fiscalité.

Date d'échéance du remboursement

La date à laquelle la somme doit être rendue. Elle fixe le point de départ de l'exigibilité et conditionne la mise en jeu des intérêts de retard.

Taux d'intérêt éventuel

Un prêt peut être gratuit (sans intérêts) ou rémunéré. S'il porte intérêt, le taux doit être écrit et ne jamais dépasser le taux d'usure.

Modalités de remboursement

En une fois ou échelonné en mensualités, par virement, chèque ou prélèvement. L'IBAN du créancier facilite l'exécution.

Date et signature du débiteur

L'acte doit être daté et signé par le débiteur. La date est essentielle pour le calcul de la prescription et de l'échéance.

Lieu de l'acte

Le lieu de signature complète l'acte et participe à sa traçabilité en cas de litige ultérieur.

La mention manuscrite, clé de la valeur probante

Au moment de signer, le débiteur recopie de sa main la formule « Bon pour reconnaissance de dette pour la somme de [montant en chiffres et en lettres] ». C'est cette écriture personnelle qui rend l'acte difficilement contestable.

Intérêts, gratuité et taux d'usure

Un prêt entre particuliers peut être consenti à titre gratuit ou moyennant intérêts. Le choix vous appartient, mais dès qu'un intérêt est prévu, il obéit à des règles précises.

Le prêt gratuit

Si vous n'attendez aucune rémunération, indiquez un taux de 0 % : le prêt est alors gratuit et le débiteur ne rembourse que le capital. C'est la situation la plus fréquente entre proches. Précisez-le clairement dans l'acte pour éviter toute ambiguïté.

Le prêt avec intérêts et le taux d'usure

Vous pouvez prévoir un intérêt, mais son taux ne doit jamais dépasser le taux d'usure publié chaque trimestre par la Banque de France (art. L. 314-6 du Code de la consommation). Un prêt dont le taux excède ce plafond est usuraire : les intérêts perçus en trop doivent être restitués. Pensez à vérifier le taux d'usure applicable à votre catégorie de prêt au moment de la signature.

Intérêts de retard en cas d'impayé

Indépendamment de tout intérêt conventionnel, la somme due produit, à compter de la mise en demeure restée infructueuse, des intérêts moratoires au taux légal (art. 1344-1 du Code civil). Ils s'ajoutent au capital réclamé en cas de défaut de paiement.

Comment rédiger votre reconnaissance de dette, étape par étape

Notre assistant vous guide question après question pour produire un acte complet et conforme, en contrôlant au passage les seuils légaux. Voici les informations à préparer :

  1. 1Identifiez précisément les parties : débiteur (celui qui doit) et créancier (celui à qui l'on doit), avec leurs coordonnées complètes.
  2. 2Indiquez le montant exact de la dette : il sera repris en chiffres et en lettres dans l'acte.
  3. 3Précisez l'origine de la créance (prêt amical ou familial, solde de vente, service rendu, loyers impayés) et, si vous le souhaitez, sa date de naissance.
  4. 4Choisissez un éventuel taux d'intérêt (0 % pour un prêt gratuit) en restant sous le taux d'usure.
  5. 5Fixez la date d'échéance finale et les modalités : remboursement en une fois ou échelonné, mode de paiement, IBAN du créancier.
  6. 6Ajoutez, si nécessaire, un cautionnement et l'engagement de déclaration fiscale au-delà des seuils légaux.
  7. 7Faites recopier au débiteur la mention manuscrite, datez et signez l'acte ; le créancier en conserve l'original.

Un document à votre nom

Vous obtenez un PDF (et un format Word éditable) sans filigrane ni mention de la plateforme, conservé dans votre coffre-fort, prêt à recevoir la mention manuscrite et les signatures.

Points de vigilance : caution, fiscalité et prescription

Au-delà de la rédaction de base, trois sujets méritent une attention particulière, car ils conditionnent la solidité et la portée de votre acte dans le temps.

Le cautionnement

Vous pouvez renforcer la garantie en désignant une caution, c'est-à-dire un tiers qui s'engage à payer si le débiteur défaille. L'engagement est strictement encadré (art. 2288 et suivants du Code civil) : la caution doit être clairement identifiée, son engagement limité par un plafond exprès, et elle doit accepter et signer en connaissance de cause. Un cautionnement consenti sans plafond chiffré peut être annulé.

La déclaration fiscale

Lorsque le total des sommes prêtées dépasse 5 000 € au cours d'une même année, le prêt doit être déclaré à l'administration fiscale au moyen du formulaire CERFA n° 2062, joint à la déclaration annuelle de revenus (art. 49 B de l'annexe III du Code général des impôts). Cette formalité, souvent oubliée, sécurise l'opération et évite toute requalification.

La prescription

Le créancier dispose d'un délai pour agir : l'action en remboursement se prescrit en principe par cinq ans (art. 2224 du Code civil), à compter du jour où la dette est devenue exigible. Au-delà, le débiteur peut opposer la prescription. D'où l'importance de bien dater l'acte et de ne pas laisser s'écouler le délai sans réagir.

Les erreurs à éviter

Oublier la mention en lettres

Indiquer le montant seulement en chiffres affaiblit gravement l'acte : sans la mention en toutes lettres recopiée à la main, sa valeur probante peut être contestée (art. 1376).

Régler une grosse somme en espèces

Un paiement en espèces entre résidents français ne peut dépasser 1 000 € et ne laisse aucune trace bancaire. Privilégiez le virement, qui prouve la remise et le remboursement.

Fixer un taux d'intérêt usuraire

Un taux supérieur au taux d'usure de la Banque de France rend le prêt usuraire : le créancier devra restituer les intérêts perçus en trop.

Omettre la déclaration fiscale

Au-delà de 5 000 € prêtés dans l'année, ne pas déposer le CERFA 2062 expose à une requalification et à des sanctions fiscales.

Négliger la date et l'échéance

Sans date de signature ni date d'échéance claires, le point de départ de la prescription et de l'exigibilité devient incertain, au détriment du créancier.

Ne pas conserver l'original

Le créancier doit garder l'original signé : c'est le titre qui lui permettra, le cas échéant, d'engager un recouvrement.

Reconnaissance de dette, contrat de prêt ou donation ?

Plusieurs actes voisins organisent le transfert d'une somme d'argent. Le bon choix dépend de la nature exacte de l'opération.

CritèreReconnaissance de detteContrat de prêtDonation
NatureActe unilatéral du débiteurContrat signé des deux partiesTransfert sans contrepartie
Signataire(s)Le débiteur seulPrêteur et emprunteurDonateur (et formalisme propre)
RemboursementOui, somme à rendreOui, somme à rendreNon, somme définitivement acquise
Rôle principalProuver la detteOrganiser le prêtTransmettre un bien ou une somme
RéférenceArt. 1376 du Code civilArt. 1892 et s. du Code civilArt. 894 et s. du Code civil
Tableau comparatif — Reconnaissance de dette · Contrat de prêt · Donation

Reconnaissance et contrat de prêt sont complémentaires

Rien n'interdit de cumuler les deux : un contrat de prêt détaillé entre les parties, doublé d'une reconnaissance de dette signée du seul emprunteur, offre à la fois un cadre négocié et une preuve unilatérale solide.

Effets de l'acte et que faire en cas d'impayé

Une fois signée et remise au créancier, la reconnaissance de dette produit ses effets : elle fait foi de la dette et engage le débiteur à rembourser aux conditions prévues. Si l'échéance arrive sans paiement, le créancier dispose d'une marche à suivre graduée.

  1. 1Relancer amiablement le débiteur, par écrit de préférence, pour garder une trace de la demande.
  2. 2Adresser une mise en demeure de payer par lettre recommandée : elle fait courir les intérêts moratoires au taux légal (art. 1344-1 du Code civil).
  3. 3À défaut de régularisation, engager une procédure de recouvrement en produisant l'original de la reconnaissance comme titre de preuve.

Agir avant la prescription

N'attendez pas : l'action en paiement se prescrit en principe par cinq ans (art. 2224 du Code civil). Passé ce délai, le débiteur peut refuser de payer en invoquant la prescription, même si la dette est réelle.

Questions fréquentes

L'acte peut être dactylographié, mais le montant doit impérativement figurer en chiffres et en lettres, écrit de la main du débiteur, qui recopie la mention « Bon pour reconnaissance de dette pour la somme de… » avant de signer (art. 1376 du Code civil). C'est cette écriture personnelle qui garantit la valeur probante.

Ce guide est fourni à titre d'information et reflète l'état du droit français applicable. Pour une situation complexe ou à fort enjeu, nous vous recommandons de faire relire votre document par un professionnel du droit.

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