EntrepriseTransmission & cessation

Acte de cession de fonds de commerce

L'acte de cession de fonds de commerce organise la vente de votre activité — clientèle, enseigne, droit au bail, matériel et stocks. Rédigez le vôtre en quelques minutes et maîtrisez chaque mention obligatoire grâce à ce guide complet, à jour du droit français.

Auteur
Rédigé et vérifié par LinealStart
Dernière mise à jour
Mis à jour le 11 juin 2026
Temps de personnalisation
~18 min pour personnaliser
Temps de lecture du guide
15 min de lecture
  • Conforme au droit français
  • PDF et Word à votre nom
  • Sans filigrane

Aperçu du document

Voici à quoi ressemble votre document, rempli avec un exemple. Le vôtre sera rédigé à partir de vos réponses.

ACTE DE CESSION DE FONDS DE COMMERCE

Entre les soussignés :

La société Acme SAS, SAS au capital de 10 000,00 €, dont le siège social est situé 10 rue de la République, 75001 Paris, immatriculée au RCS de Paris sous le numéro 123456789, représentée par Camille Lefèvre, en sa qualité de Présidente

ci-après désignée « le Cédant »,

D'une part,

Et :

La société Bêta SARL, SARL au capital de 5 000,00 €, dont le siège social est situé 42 cours Lafayette, 69003 Lyon, immatriculée au RCS de Lyon sous le numéro 987654321, représentée par Paul Bernard, en sa qualité de Gérant

ci-après désignée « le Cessionnaire ».

D'autre part.

1. Désignation du fonds cédé

Découvrez la suite en créant votre document

Créer mon document
Infographie : Acte de cession de fonds de commerce — points clés, durée de personnalisation et nombre de références juridiques
Acte de cession de fonds de commerce en bref — l'essentiel à retenir

Qu'est-ce qu'une cession de fonds de commerce ?

La cession de fonds de commerce est le contrat par lequel un commerçant (le cédant) vend à un acquéreur (le cessionnaire) l'ensemble des éléments qui composent son activité : la clientèle, le nom commercial, l'enseigne, le droit au bail, le matériel, le mobilier et les marchandises. C'est la vente de l'outil d'exploitation lui-même, et non des parts de la société qui l'exploite.

Le fonds de commerce est une universalité : un ensemble d'éléments corporels (matériel, mobilier, stocks) et incorporels (clientèle, achalandage, enseigne, nom commercial, droit au bail, droits de propriété intellectuelle) affectés à l'exploitation d'une activité commerciale. La clientèle en est l'élément essentiel : un fonds sans clientèle réelle et certaine n'existe pas juridiquement.

La cession est encadrée par les articles L. 141-2 et suivants du Code de commerce : publicité légale, mécanisme de séquestre du prix et droit d'opposition des créanciers du cédant. À ce dispositif s'ajoute l'obligation d'information précontractuelle (article 1112-1 du Code civil), qui impose au cédant de communiquer à l'acquéreur toute information déterminante sur la consistance et la santé du fonds. Ces règles protègent à la fois l'acquéreur — qui doit savoir ce qu'il achète — et les créanciers du vendeur, qui doivent pouvoir être payés sur le prix.

Cession de fonds ou cession de titres ?

Vendre le fonds de commerce n'est pas la même chose que vendre les parts ou actions de la société qui l'exploite. La cession de titres transfère la société tout entière (avec son passif) ; la cession de fonds ne transfère que l'activité, sans le passif du cédant. Le régime fiscal et la protection des parties diffèrent sensiblement.

À quoi sert l'acte et qui est concerné ?

L'acte de cession matérialise l'accord sur la chose et sur le prix, mais il fait bien davantage : il informe l'acquéreur sur la consistance et la santé du fonds, il fixe la répartition du prix entre les différents postes, il organise la protection des créanciers et le transfert du droit au bail. Un acte complet et conforme conditionne la sécurité juridique de l'opération et la purge du fonds vis-à-vis des dettes du cédant.

Les parties à l'acte

Le cédant

Le commerçant — personne physique ou société — propriétaire du fonds. Il garantit l'existence et la consistance du fonds, la jouissance paisible, l'absence de vices cachés et le respect d'une obligation de non-concurrence à l'égard de l'acquéreur.

Le cessionnaire

L'acquéreur du fonds, qui devient propriétaire de l'activité et reprend son exploitation. Il supporte en pratique les droits d'enregistrement et veille à la réalisation des formalités de publicité.

Sont concernés tous les secteurs : restauration, commerce de détail, hôtellerie, salons de coiffure, artisanat de bouche, professions commerciales en général. Dès lors qu'une clientèle est attachée à un fonds exploité, la cession relève de ce régime — que le vendeur soit une entreprise individuelle ou une société.

Quand utiliser cet acte de cession ?

Vous utilisez l'acte de cession de fonds de commerce dès que vous transmettez l'activité elle-même, et non la société qui la détient. Les situations les plus fréquentes sont les suivantes :

  • Vous partez à la retraite ou changez d'activité et vendez votre commerce à un repreneur.
  • Vous achetez un commerce existant (boutique, restaurant, salon) avec sa clientèle et son emplacement.
  • Vous cédez une branche d'activité autonome exploitée comme un fonds distinct.
  • Un commerçant individuel vend son fonds plutôt que de chercher à transformer son entreprise en société.

Avant de signer : les autorisations et droits de préemption

Selon le local et la commune, la cession peut être soumise au droit de préemption de la mairie sur les fonds de commerce situés dans un périmètre de sauvegarde du commerce de proximité. Pensez aussi à l'information préalable des salariés (dispositif Hamon) pour les entreprises de moins de 250 salariés, qui doit intervenir dans les délais légaux à peine de sanction.

Les informations essentielles à faire figurer dans l'acte

Jusqu'en 2019, l'article L. 141-1 du Code de commerce imposait, à peine de nullité, un socle de mentions dans l'acte de cession. La loi du 19 juillet 2019 a abrogé cette liste : ces mentions ne sont plus formellement obligatoires. Elles restent toutefois essentielles et systématiquement reprises en pratique, car le cédant demeure tenu d'une obligation d'information précontractuelle (article 1112-1 du Code civil) : il doit communiquer à l'acquéreur toute information déterminante sur l'historique, la santé et les charges du fonds. Les omettre fragilise donc directement la vente.

Le précédent vendeur

Si le cédant a lui-même acquis le fonds, l'acte indique le nom du précédent vendeur, la date et le prix de cette acquisition (avec la ventilation entre incorporels, matériel et stocks). Si le cédant a créé le fonds, on l'indique expressément par la mention « néant ».

L'état des privilèges et nantissements

L'acte mentionne les inscriptions de privilèges et de nantissements grevant le fonds. Cet état se vérifie par un état des inscriptions délivré par le greffe du tribunal de commerce.

Le chiffre d'affaires des trois derniers exercices

Le chiffre d'affaires des trois derniers exercices comptables figure dans l'acte (avec leur résultat d'exploitation), ce qui permet à l'acquéreur d'apprécier la rentabilité réelle du fonds. C'est une information déterminante, qu'il convient toujours de communiquer.

Le bail commercial

L'acte indique la date du bail, sa durée, le nom et l'adresse du bailleur (et du cédant du bail le cas échéant). Le droit au bail est souvent l'élément le plus précieux du fonds.

Une omission lourde de conséquences

Depuis l'abrogation de l'article L. 141-1 en 2019, l'absence de ces informations n'entraîne plus automatiquement la nullité. Mais une information déterminante dissimulée ou inexacte expose le cédant à une action de l'acquéreur sur le terrain du vice du consentement (dol, erreur) ou du manquement à l'obligation d'information précontractuelle (article 1112-1 du Code civil) : annulation de la vente et dommages-intérêts. Une rédaction rigoureuse et sincère de ces informations reste donc déterminante.

Le prix, sa ventilation et la fiscalité

Le prix de cession doit être réparti entre les différents éléments du fonds. Cette ventilation, imposée par l'article L. 141-5 du Code de commerce, n'est pas une formalité : elle détermine l'assiette des droits d'enregistrement et la fiscalité de chaque poste.

Le prix est ventilé en trois postes principaux : les éléments incorporels (clientèle, enseigne, droit au bail, nom commercial), le matériel et le mobilier, et les marchandises ou stocks. Cette ventilation conditionne le calcul des droits d'enregistrement dus par l'acquéreur et le traitement fiscal de la plus-value du cédant.

Les droits d'enregistrement

Les droits d'enregistrement (article 719 du Code général des impôts) frappent principalement les éléments incorporels et le matériel. Le barème est dégressif : aucun droit jusqu'à 23 000 €, un taux d'environ 3 % sur la fraction comprise entre 23 000 € et 200 000 €, puis un taux d'environ 5 % au-delà de 200 000 €. Les stocks, eux, relèvent d'un traitement distinct. Ces droits sont en pratique supportés par l'acquéreur et l'acte doit être enregistré auprès des services fiscaux dans le délai d'un mois suivant sa signature.

Ne déséquilibrez pas la ventilation

Gonfler la valeur des stocks pour minorer les incorporels — afin de réduire l'assiette des droits — expose à un redressement fiscal. Une valorisation des stocks supérieure à celle des incorporels est, pour une activité commerciale classique, un signal d'alerte. La ventilation doit refléter la réalité économique du fonds.

Séquestre du prix et droit d'opposition des créanciers

Le prix de cession n'est pas remis immédiatement au vendeur. Il est conservé par un tiers de confiance — généralement un notaire, un avocat ou un autre rédacteur d'acte habilité — le temps que les créanciers du cédant puissent faire valoir leurs droits et que les administrations soient désintéressées. C'est la protection essentielle de l'acquéreur.

Pourquoi le séquestre est indispensable

Sans séquestre, l'acquéreur qui paie directement le vendeur s'expose à devoir payer une seconde fois si un créancier inscrit, le fisc ou un organisme social se manifeste après la vente. Le séquestre garantit que le prix servira d'abord à désintéresser les créanciers du cédant avant d'être libéré à son profit.

Le droit d'opposition et le délai

Une fois la cession publiée, les créanciers du cédant disposent d'un délai de dix jours, à compter de la dernière des publicités légales, pour former opposition au paiement du prix entre les mains du séquestre. Le prix séquestré n'est libéré au cédant qu'après l'expiration de ce délai et la purge des privilèges et inscriptions éventuels. Le séquestre joue ainsi le rôle d'une caisse de répartition au profit des créanciers.

La solidarité fiscale du cessionnaire

L'acquéreur peut être tenu solidairement au paiement de certains impôts dus par le cédant au titre de l'exploitation cédée, pendant un délai qui court à compter de la déclaration de cession. Le respect des formalités de publicité et de séquestre réduit la durée et le risque de cette solidarité — d'où l'importance de ne pas les négliger.

Comment rédiger votre acte, étape par étape

Notre assistant vous guide question après question pour produire un acte complet et conforme. Voici les informations à préparer :

  1. 1Identifiez précisément les parties : cédant et cessionnaire (dénomination, forme sociale, immatriculation, représentant légal).
  2. 2Désignez le fonds : nom commercial ou enseigne, adresse complète d'exploitation, nature exacte de l'activité.
  3. 3Renseignez les antécédents : précédent vendeur (ou « néant » si le fonds a été créé par le cédant) et état des privilèges et nantissements.
  4. 4Reportez le chiffre d'affaires et le résultat des trois derniers exercices comptables.
  5. 5Ventilez le prix entre éléments incorporels, matériel et mobilier, et stocks.
  6. 6Référencez le bail commercial transféré (date, durée, loyer) et vérifiez qu'il autorise la cession.
  7. 7Définissez les modalités de séquestre du prix et la date d'entrée en jouissance, puis le tribunal compétent et le lieu de signature.

Un document à votre nom

Vous obtenez un PDF (et un format Word éditable) sans filigrane ni mention de la plateforme, conservé dans votre coffre-fort, prêt à être signé. Les contrôles intégrés vous signalent les mentions manquantes avant de finaliser.

La publicité légale et les formalités après signature

Signer l'acte ne suffit pas : la cession n'est pleinement opposable et le fonds n'est purgé des dettes du cédant qu'après l'accomplissement d'une publicité légale rigoureuse, dans des délais courts.

Dans les quinze jours de la signature, la cession doit faire l'objet d'une publication dans un journal d'annonces légales (JAL) du département du siège du fonds, puis d'une insertion au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (BODACC). Ces publicités font courir le délai d'opposition des créanciers : tant qu'elles ne sont pas réalisées, le délai ne commence pas et le fonds n'est pas purgé.

  • Enregistrement de l'acte auprès des services fiscaux dans le mois suivant la signature, avec paiement des droits d'enregistrement (art. 719 CGI).
  • Publication dans un journal d'annonces légales du département du fonds, dans les quinze jours.
  • Insertion au BODACC, qui fait courir le délai d'opposition de dix jours des créanciers.
  • Le cas échéant, mise à jour des immatriculations et information des cocontractants (bailleur, fournisseurs) dont les contrats sont repris.

Des formalités non purement administratives

Le défaut de publicité empêche la purge du fonds : les créanciers du cédant conservent leurs droits et l'acquéreur n'est pas protégé. Respecter scrupuleusement les délais de publicité et le séquestre est donc un enjeu de sécurité, pas une simple démarche de forme.

Points de vigilance et erreurs à éviter

Plusieurs écueils reviennent régulièrement dans les cessions de fonds. Les anticiper protège l'opération et évite des contentieux coûteux.

Omettre une information déterminante

Chiffre d'affaires incomplet, précédent vendeur non renseigné, bail mal référencé : ces oublis, s'ils portent sur une information déterminante, exposent le cédant à une action en nullité pour vice du consentement ou manquement à son devoir d'information (art. 1112-1 C. civ.). Vérifiez chaque information essentielle avant de signer.

Payer le prix sans séquestre

Remettre directement le prix au cédant expose l'acquéreur à devoir le payer une seconde fois si un créancier se manifeste. Le séquestre auprès d'un tiers de confiance n'est pas optionnel en pratique.

Négliger la cessibilité du bail

Un bail qui interdit la cession sans agrément du bailleur, ou dont le renouvellement est compromis, peut vider la cession de sa valeur. Vérifiez les clauses du bail et l'absence de congé en cours.

Oublier l'information des salariés

Dans les entreprises de moins de 250 salariés, l'absence d'information préalable des salariés dans les délais légaux peut exposer le cédant à une sanction. Anticipez cette obligation avant de finaliser la vente.

Sous-estimer le sort des contrats de travail

Les contrats de travail en cours sont transférés de plein droit à l'acquéreur (article L. 1224-1 du Code du travail). L'acquéreur reprend les salariés attachés au fonds : ce point doit être intégré à la valorisation et à la négociation.

Déséquilibrer la ventilation du prix

Une répartition artificielle entre incorporels et stocks, motivée par la seule optimisation des droits, expose à un redressement fiscal. La ventilation doit traduire la réalité économique.

Cession de fonds, cession de titres ou location-gérance ?

Plusieurs voies permettent de transmettre ou d'exploiter une activité. Le choix a des conséquences majeures sur le passif repris, la fiscalité et la protection des parties.

CritèreCession de fonds de commerceCession de titres (parts/actions)Location-gérance
Objet de l'opérationL'activité (clientèle, enseigne, bail, matériel, stocks)La société qui exploite le fondsL'exploitation du fonds, sans transfert de propriété
Reprise du passif du cédantNon (sauf solidarité fiscale temporaire)Oui, l'acquéreur reprend la société et son passifNon, le propriétaire reste titulaire du fonds
Contrats de travailTransférés de plein droit (art. L. 1224-1 C. trav.)Inchangés (l'employeur, la société, ne change pas)Transférés au locataire-gérant pendant la location
Droits / fiscalitéDroits d'enregistrement art. 719 CGIDroits sur cession de droits sociaux (taux distinct)Pas de cession ; loyers (redevance) imposables
Encadrement principalArt. L. 141-2 et s. C. com.Statuts, pacte d'associés, droit des sociétésArt. L. 144-1 et s. C. com.
Tableau comparatif — Cession de fonds de commerce · Cession de titres (parts/actions) · Location-gérance

Quel choix selon votre objectif

La cession de fonds isole l'acquéreur du passif du cédant et convient à la reprise d'une activité « propre ». La cession de titres transmet la structure entière, plus simple à exécuter mais qui emporte le passif. La location-gérance permet d'exploiter sans acheter — souvent comme étape avant une cession définitive.

Questions fréquentes

Jusqu'en 2019, l'article L. 141-1 du Code de commerce imposait, à peine de nullité, certaines mentions. La loi du 19 juillet 2019 a abrogé cette liste, mais ces informations restent essentielles et figurent systématiquement dans la pratique : le précédent vendeur (nom, date et prix d'acquisition, ou « néant » si le fonds a été créé par le cédant), l'état des privilèges et nantissements grevant le fonds, le chiffre d'affaires des trois derniers exercices et la référence du bail commercial. Les dissimuler expose le cédant à une action pour vice du consentement ou manquement à son obligation d'information (art. 1112-1 du Code civil).

Ce guide est fourni à titre d'information et reflète l'état du droit français applicable. Pour une situation complexe ou à fort enjeu, nous vous recommandons de faire relire votre document par un professionnel du droit.

Explorez tout le thème : Société : statuts, vie & transmission

De la création de votre société à sa transmission : statuts, pactes, assemblées et cessions.

Votre document, prêt en quelques minutes

Répondez à quelques questions, téléchargez un PDF (et un Word) à votre nom et conservez-le dans votre coffre-fort.