ParticulierTravail (salarié)

Lettre de démission d'un CDI

La lettre de démission matérialise votre décision de quitter votre CDI de manière claire et non équivoque. Rédigez la vôtre en quelques minutes — et maîtrisez préavis, dispense et droits grâce à ce guide complet, à jour du droit du travail.

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Mis à jour le 11 juin 2026
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Voici à quoi ressemble votre document, rempli avec un exemple. Le vôtre sera rédigé à partir de vos réponses.

M. Jean Dupont

10 rue de la Paix

75002 Paris

Acme SAS

Direction des Ressources humaines

10 rue de la République, 75001 Paris

Paris, le 2026-05-12

Objet : Démission de mon contrat de travail à durée indéterminée

Lettre recommandée avec accusé de réception

Madame, Monsieur,

Embauché(e) en qualité de Cadre commercial depuis le 1 septembre 2020 au sein de votre entreprise, je vous informe par la présente, de manière claire et non équivoque, de ma décision de démissionner de mes fonctions, conformément à l'article L. 1237-1 du Code du travail.

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Infographie : Lettre de démission d'un CDI — points clés, durée de personnalisation et nombre de références juridiques
Lettre de démission d'un CDI en bref — l'essentiel à retenir

Qu'est-ce qu'une lettre de démission d'un CDI ?

La lettre de démission est l'écrit par lequel un salarié en contrat à durée indéterminée informe son employeur de sa décision de rompre le contrat de travail de sa propre initiative. La démission est définie par l'article L. 1237-1 du Code du travail, qui pose pour seule obligation l'exécution d'un préavis.

La démission n'est soumise à aucune formalité de validité particulière : juridiquement, elle peut résulter d'une volonté claire et non équivoque exprimée même verbalement. En pratique, l'écrit est indispensable. Il prouve votre décision, fixe sans ambiguïté la date de départ du préavis et vous protège, autant qu'il protège l'employeur, en cas de désaccord ultérieur.

La spécificité de la démission tient à son caractère unilatéral : contrairement à la rupture conventionnelle, elle ne suppose ni l'accord de l'employeur, ni d'homologation. Vous n'avez aucun motif à fournir et l'employeur ne peut, en principe, ni la refuser ni s'y opposer. En contrepartie, une démission « simple » n'ouvre pas droit aux allocations chômage, sauf dans les cas légitimes étudiés plus loin.

À quoi sert cette lettre et qui est concerné ?

Cette lettre sert à notifier formellement votre démission et à sécuriser la rupture. Elle a une triple fonction : exprimer une volonté claire et non équivoque de partir, déclencher le point de départ du préavis à une date certaine, et organiser la fin de la relation de travail (demande de dispense éventuelle, rappel des documents de fin de contrat).

Qui peut l'utiliser ?

Tout salarié en CDI

Cadre, employé, technicien, agent de maîtrise ou ouvrier : la démission est ouverte à tout salarié en contrat à durée indéterminée, quels que soient son ancienneté et son secteur.

Quelle que soit la situation

Vous pouvez démissionner pour un nouvel emploi, un projet personnel, un déménagement ou sans raison particulière. Aucun motif n'a à figurer dans la lettre, sauf pour activer un cas particulier (grossesse, suivi de conjoint…).

CDI, CDD ou autre rupture ?

La démission concerne le CDI. Un CDD ne se « démissionne » pas : il ne se rompt avant terme que dans des cas limités (embauche en CDI, accord, faute grave, force majeure). Si vous cherchez une rupture négociée ouvrant droit au chômage, c'est la rupture conventionnelle qu'il faut viser, et non la démission.

Quand et comment notifier votre démission ?

Vous pouvez démissionner à tout moment, sans attendre une échéance particulière. Le bon réflexe est de notifier votre décision par un écrit daté, en choisissant un mode de remise qui établit une date certaine — car c'est cette date qui fait courir le préavis.

Le bon canal d'envoi

  • Lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) : le mode le plus sûr. La date de première présentation fixe sans contestation possible le point de départ du préavis.
  • Remise en main propre contre décharge : valable si vous conservez un exemplaire signé et daté par l'employeur, mentionnant « reçu le ».
  • À éviter : l'annonce purement orale, un e-mail sans accusé ou un simple message. La preuve de la date et du caractère non équivoque devient alors fragile.

Ne démissionnez pas sous le coup de l'émotion

Une démission donnée dans un moment de colère, de stress ou sous pression peut être contestée et requalifiée par le juge si elle n'était pas l'expression d'une volonté libre et réfléchie. Prenez le temps de la décision : une fois notifiée, la démission ne se rétracte pas librement (l'employeur peut refuser la rétractation).

Le préavis : durée, point de départ et dispense

L'unique obligation légale du salarié démissionnaire est, en principe, d'exécuter un préavis. Sa durée n'est pas fixée par une règle générale du Code du travail : elle dépend de la convention collective, des usages ou du contrat.

Quelle durée de préavis ?

Pour la plupart des salariés, la durée résulte de la convention collective applicable (à citer de préférence par son IDCC) et du statut. À titre de repères usuels : environ une semaine pour les employés ou ETAM peu anciens, un mois pour de nombreux employés, jusqu'à trois mois pour les cadres. Vérifiez toujours votre convention et votre contrat : ce sont eux qui font foi, le préavis pouvant varier selon l'ancienneté.

Le point de départ

Le préavis court à compter de la notification de la démission, c'est-à-dire de la première présentation de la lettre recommandée ou de sa remise en main propre. Pendant le préavis, le contrat se poursuit normalement : vous restez tenu d'exécuter votre travail et l'employeur de vous rémunérer.

La dispense de préavis

Vous pouvez demander à être dispensé d'exécuter tout ou partie du préavis. Cette dispense est un accord amiable : l'employeur n'est pas obligé de l'accepter. La règle financière est essentielle à comprendre : qui demande la dispense en supporte le coût.

Dispense : qui paie ?

Si c'est vous qui demandez à partir plus tôt et que l'employeur l'accepte, les jours non travaillés ne vous sont pas rémunérés. À l'inverse, si c'est l'employeur qui vous dispense d'exécuter un préavis que vous étiez prêt à accomplir, il doit vous verser l'indemnité compensatrice de préavis. Partir sans dispense acceptée vous expose à devoir des dommages-intérêts pour préavis non exécuté.

Les mentions essentielles de la lettre

Une lettre de démission efficace est sobre et précise. Au-delà de l'identification des parties, certaines mentions sécurisent la rupture et évitent toute ambiguïté.

Vos coordonnées et celles de l'employeur

Vos nom, prénom et adresse en expéditeur ; le nom de l'entreprise et le service destinataire (idéalement la Direction des Ressources humaines) en destinataire.

L'objet : démission du CDI

Un objet clair (« Démission de mon contrat de travail à durée indéterminée ») et la mention du mode d'envoi (LRAR ou remise contre décharge) en référence.

L'expression claire et non équivoque

La phrase clé : vous informez « de manière claire et non équivoque » de votre décision de démissionner, conformément à l'article L. 1237-1 du Code du travail. Pas de formule conditionnelle ni ambiguë.

Le rappel du contrat

Le poste occupé et la date d'embauche : ils permettent d'identifier sans erreur le contrat rompu et de situer votre ancienneté pour le calcul du préavis.

Le préavis et son exécution

La durée du préavis que vous vous engagez à exécuter, en visant la convention collective ou le contrat, et le cas échéant la demande de dispense (totale ou partielle).

Le lieu, la date et la signature

La date donne la mesure du point de départ du préavis ; la signature manuscrite authentifie l'écrit. Conservez toujours une copie de la lettre signée.

Pas besoin de justifier votre départ

Vous n'avez aucune obligation d'exposer les raisons de votre démission. Mieux vaut souvent rester neutre. La seule exception utile : un cas particulier (grossesse, suivi de conjoint, reconversion…) qu'il faut alors mentionner explicitement pour faire valoir vos droits.

Les cas particuliers : dispense de préavis et accès au chômage

Certaines situations modifient les règles : elles dispensent de préavis, ou rendent la démission « légitime » au sens de l'assurance chômage, ouvrant alors droit aux allocations. Si vous êtes concerné, signalez-le clairement dans la lettre — c'est le seul moyen de faire valoir votre droit.

Grossesse

La salariée enceinte peut démissionner sans exécuter de préavis et sans devoir d'indemnité de rupture (article L. 1225-34 du Code du travail). La présentation d'un certificat médical de grossesse suffit.

Élever un enfant

Dans des conditions encadrées, un parent peut démissionner pour élever son enfant à l'issue du congé de maternité ou d'adoption, sans avoir à respecter de préavis ni à verser d'indemnité de rupture (article L. 1225-66 du Code du travail). Il conserve, pendant l'année qui suit, une priorité de réembauche (article L. 1225-67).

Suivre son conjoint

La démission pour suivre un conjoint dont la mobilité géographique rend impossible la poursuite du contrat est considérée comme légitime et ouvre droit, sous conditions, à l'allocation chômage.

Reconversion et création d'entreprise

Le dispositif « démission-reconversion » ouvre droit au chômage sous conditions strictes (ancienneté d'activité salariée continue, projet réel et sérieux validé en amont par la commission compétente, via France Travail).

Départ à la retraite : ce n'est pas une démission

Le départ à la retraite à votre initiative est un acte juridiquement distinct de la démission (article L. 1237-9 du Code du travail). Il ouvre droit à une indemnité de départ à la retraite que la démission ne procure pas : utilisez un courrier adapté plutôt que cette lettre.

Les documents de fin de contrat à réclamer

À l'issue du préavis, l'employeur doit vous remettre plusieurs documents obligatoires. Les rappeler dans votre lettre n'est pas indispensable, mais c'est un réflexe utile pour éviter tout retard à votre départ.

Le certificat de travail

Il mentionne notamment les dates d'entrée et de sortie et les emplois occupés (article L. 1234-19 du Code du travail). Il vous est nécessaire pour justifier de votre parcours.

Le reçu pour solde de tout compte

Il fait l'inventaire des sommes versées à la fin du contrat (article L. 1234-20). Signé, il peut être dénoncé dans un délai de six mois ; n'y apposez votre signature qu'après vérification.

L'attestation France Travail

Anciennement « attestation Pôle emploi », elle est remise même en cas de démission (article R. 1234-9) et reste utile, notamment si votre situation devient légitime au regard du chômage.

Et le solde de vos congés payés ?

Les congés payés acquis et non pris vous sont dus : ils donnent lieu à une indemnité compensatrice de congés payés versée avec votre dernier salaire. Vérifiez ce point sur votre reçu pour solde de tout compte.

Les erreurs à éviter

Une formulation ambiguë

« Je pense partir », « je souhaiterais peut-être démissionner » : une démission équivoque ou conditionnelle peut être contestée. Affirmez clairement votre décision, sans formule au conditionnel.

Quitter son poste sans dispense acceptée

Cesser de travailler avant la fin du préavis, sans accord de dispense, peut vous faire devoir des dommages-intérêts à l'employeur pour préavis non exécuté.

Ne pas se ménager de preuve

Une démission verbale ou par simple message rend la date et la teneur incertaines. Privilégiez la LRAR ou la remise contre décharge, et gardez une copie.

Régler ses comptes dans la lettre

Détailler griefs et reproches dans une démission est risqué et rarement utile. Si l'employeur a gravement manqué à ses obligations, la voie adaptée est la prise d'acte de la rupture, pas la démission.

Confondre démission et rupture conventionnelle

La démission n'ouvre pas le chômage (hors cas légitimes). Si votre objectif est de partir tout en percevant des allocations, négociez une rupture conventionnelle plutôt que de démissionner.

Démission, rupture conventionnelle ou prise d'acte ?

Quitter un CDI peut emprunter plusieurs voies, aux conséquences très différentes sur le chômage, l'accord de l'employeur et le coût. Voici les principales :

CritèreDémissionRupture conventionnellePrise d'acte
InitiativeLe salarié seulSalarié et employeur (accord)Le salarié, en raison de fautes de l'employeur
Accord de l'employeurNon requisIndispensable + homologationNon requis
Motif à fournirAucunAucun (consentement libre)Manquements graves de l'employeur
PréavisOui, en principePas de préavis (date convenue)Rupture immédiate
Indemnité de ruptureAucuneIndemnité spécifique au moins légaleSelon décision du juge
Accès au chômageNon (sauf cas légitimes)OuiOui si requalifiée en licenciement sans cause
Tableau comparatif — Démission · Rupture conventionnelle · Prise d'acte

La prise d'acte, une voie risquée

Si vous estimez que l'employeur a gravement manqué à ses obligations, la prise d'acte permet de rompre immédiatement à ses torts. Mais c'est le juge qui tranche : si les manquements sont jugés insuffisants, la prise d'acte produit les effets d'une démission, sans chômage. Mieux vaut s'entourer de précautions.

Comment rédiger votre lettre, étape par étape

Notre assistant vous guide question après question pour produire une lettre claire, datée et conforme. Voici les informations à préparer :

  1. 1Renseignez vos coordonnées de salarié et celles de l'employeur (nom de l'entreprise, service destinataire, adresse).
  2. 2Indiquez votre poste et votre date d'embauche, pour identifier le contrat et situer votre ancienneté.
  3. 3Précisez la durée de préavis prévue par votre convention collective ou votre contrat (citez l'IDCC si vous le connaissez).
  4. 4Choisissez, le cas échéant, de demander une dispense de préavis totale ou partielle, en sachant qu'elle reste soumise à l'accord de l'employeur.
  5. 5Sélectionnez votre situation si elle correspond à un cas particulier (grossesse, suivi de conjoint, reconversion…) pour adapter le courrier et préserver vos droits.
  6. 6Décidez de rappeler les documents de fin de contrat (certificat, solde de tout compte, attestation France Travail).
  7. 7Indiquez le lieu et la date, choisissez le mode d'envoi (LRAR ou remise contre décharge), puis signez et conservez une copie.

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Questions fréquentes

Non. La démission est un acte unilatéral du salarié : elle ne suppose ni l'accord ni l'acceptation de l'employeur. Dès lors qu'elle est claire et non équivoque, elle produit ses effets et fait courir le préavis, sans que l'employeur puisse s'y opposer.

Ce guide est fourni à titre d'information et reflète l'état du droit français applicable. Pour une situation complexe ou à fort enjeu, nous vous recommandons de faire relire votre document par un professionnel du droit.

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