Recouvrement & contentieux
Mise en demeure de payer (professionnel)
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Aperçu du document
Voici à quoi ressemble votre document, rempli avec un exemple. Le vôtre sera rédigé à partir de vos réponses.
Acme SAS (SAS)
10 rue de la République
75001 Paris
RCS Paris 123456789
Bêta SARL (SARL)
42 cours Lafayette
69003 Lyon
RCS Lyon 987654321
Paris, le 1 juillet 2026
Objet : Mise en demeure de payer — facture n° F-2026-0421
Lettre recommandée avec accusé de réception
MISE EN DEMEURE DE PAYER
Madame, Monsieur,
Sauf erreur de notre part, notre facture n° F-2026-0421 en date du 2 mai 2026, d'un montant de 4 850,00 €, est demeurée impayée à son échéance du 1 juin 2026, soit 30 jours de retard à ce jour. Malgré nos démarches préalables, aucun règlement ne nous est parvenu.
Conformément à l'article 1344 du Code civil et à l'article L. 441-10 du Code de commerce, nous vous mettons par la présente en demeure de procéder au règlement intégral des sommes ci-dessous récapitulées :
- Créancier
- Acme SAS
- Référence
- Facture n° F-2026-0421 du 2 mai 2026
- Échéance dépassée depuis le
- 1 juin 2026
- Jours de retard
- 30
- Montant principal dû
- 4 850,00 €
- Pénalités de retard (taux 11.71 % — art. L. 441-10)
- 46,68 €
- Indemnité forfaitaire de recouvrement (D. 441-5)
- 40,00 €
- TOTAL DÛ AU JOUR DE LA PRÉSENTE
- 4 936,68 €
Découvrez la suite en créant votre document
Créer mon documentQu'est-ce qu'une mise en demeure de payer ?
La mise en demeure de payer est un courrier formel par lequel un créancier somme son débiteur de régler une somme exigible. Entre professionnels, c'est l'acte juridique qui marque la fin de la phase amiable et constate officiellement le retard de paiement (article 1344 du Code civil).
Contrairement à une simple relance, la mise en demeure n'est pas un rappel courtois : c'est une sommation. Elle interpelle le débiteur de manière non équivoque, fixe un montant précis, un délai impératif et annonce les conséquences d'un défaut de paiement. Adressée à un professionnel pour une facture impayée, elle s'appuie sur le régime spécifique du Code de commerce, plus favorable au créancier que le droit commun.
Son intérêt est double. Sur le plan amiable, elle exerce une pression réelle : recevoir une mise en demeure recommandée fait souvent réagir un débiteur qui ignorait les relances. Sur le plan contentieux, elle constitue une preuve datée que vous avez réclamé votre dû — une formalité que le juge attend avant de vous donner raison dans une procédure d'injonction de payer ou un référé.
Relance, mise en demeure, injonction : ne pas confondre
La relance est informelle et amiable. La mise en demeure est un acte juridique formel qui constate le retard et fait courir certains effets. L'injonction de payer est une procédure judiciaire, qui vient après — et que la mise en demeure prépare.
À quoi sert-elle et qui est concerné ?
La mise en demeure de payer entre professionnels sert à obtenir le paiement d'une créance certaine, liquide et exigible : une facture émise, dont le montant est déterminé et dont l'échéance est dépassée. Elle s'adresse aux relations « B2B », c'est-à-dire entre une entreprise et un client lui-même professionnel (société, entrepreneur individuel, association exerçant une activité économique, profession libérale).
Les parties concernées
Le créancier (vous)
L'entreprise qui a fourni un bien ou un service, émis sa facture et qui n'a pas été payée à l'échéance. C'est elle qui rédige et envoie la mise en demeure.
Le débiteur
Le client professionnel destinataire de la facture impayée. Le régime des pénalités du Code de commerce ne s'applique qu'aux relations entre professionnels, pas aux particuliers.
Votre client est un particulier ?
Les pénalités L. 441-10 et l'indemnité forfaitaire de 40 € ne s'appliquent pas aux consommateurs. Pour un impayé d'un particulier, c'est une mise en demeure de droit commun qu'il faut utiliser, fondée sur les intérêts au taux légal.
Pour être réclamée valablement, la créance doit réunir trois qualités : elle doit être certaine (son existence n'est pas sérieusement contestable), liquide (son montant est chiffré) et exigible (le terme de paiement est échu). Une facture régulièrement émise et dont le délai de règlement est dépassé remplit ces conditions.
Quand envoyer une mise en demeure ?
La mise en demeure intervient après l'échec des relances amiables, mais avant toute action judiciaire. Le bon moment dépend de votre relation commerciale et de l'ancienneté de l'impayé, mais quelques repères s'imposent.
- Après une ou deux relances restées sans effet : la mise en demeure marque l'escalade et signale que vous ne renoncerez pas.
- Dès que le retard s'installe : plus une créance vieillit, plus elle devient difficile à recouvrer. N'attendez pas plusieurs mois.
- Avant d'engager une procédure : l'injonction de payer ou le référé supposent presque toujours une mise en demeure préalable.
- Avant la prescription : entre commerçants, l'action se prescrit en principe par cinq ans (article L. 110-4 du Code de commerce). La mise en demeure ne suspend pas ce délai, mais elle prépare l'acte qui l'interrompra.
Un courrier qui se suffit souvent à lui-même
Dans une grande part des dossiers, la mise en demeure recommandée suffit à débloquer le paiement, sans qu'il soit nécessaire d'aller plus loin. C'est l'outil le plus efficace du recouvrement amiable.
Pénalités de retard et indemnité de 40 € : ce qui est dû de plein droit
C'est l'avantage majeur du recouvrement entre professionnels : la loi vous accorde des sommes supplémentaires, sans avoir à les négocier ni à les prévoir expressément. Elles sont dues « de plein droit », c'est-à-dire automatiquement.
Les pénalités de retard (article L. 441-10 du Code de commerce)
Dès le lendemain de la date d'échéance, et sans qu'un rappel soit nécessaire, des pénalités de retard courent sur le montant impayé. Leur taux est en priorité celui que prévoit votre contrat ou vos conditions générales de vente. À défaut de stipulation, le taux applicable est celui de la Banque centrale européenne à son opération de refinancement la plus récente, majoré de dix points de pourcentage. Dans tous les cas, le taux conventionnel ne peut être inférieur à trois fois le taux d'intérêt légal.
L'indemnité forfaitaire de 40 € (article D. 441-5)
À cette pénalité s'ajoute une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement, fixée à quarante euros par l'article D. 441-5 du Code de commerce. Elle est due automatiquement pour chaque facture payée en retard, sans justificatif à produire. Si vos frais réels de recouvrement dépassent ce forfait (honoraires d'une société de recouvrement, frais déjà engagés), vous pouvez en demander le complément, mais cette fois sur présentation de justificatifs.
Un total chiffré, prêt à réclamer
Votre document récapitule automatiquement le montant principal, les pénalités calculées au prorata des jours de retard, l'indemnité de 40 € et, le cas échéant, vos frais justifiés — pour aboutir à un total dû clair et opposable au jour de l'envoi.
Les mentions essentielles du courrier
Pour produire ses effets juridiques et résister à une contestation, une mise en demeure doit comporter un socle d'informations précises. Chaque mention a une fonction : identifier la dette, chiffrer la réclamation et qualifier l'acte de mise en demeure.
Identification des parties
Le nom et l'adresse complète du créancier et du débiteur. Une erreur d'identité ou d'adresse peut rendre le courrier inopposable.
Référence de la facture
Numéro de la facture, date d'émission et date d'échéance. Ces éléments rendent la créance certaine et identifiable.
Montant principal réclamé
La somme restant due au titre de la facture, exprimée en euros, sans ambiguïté sur le périmètre de la réclamation.
Décompte des pénalités et frais
Pénalités de retard calculées au prorata, indemnité forfaitaire de 40 € et, le cas échéant, frais justifiés — aboutissant à un total dû récapitulé.
Terme « mise en demeure » et fondement
L'acte doit interpeller le débiteur de façon non équivoque et viser l'article 1344 du Code civil ainsi que l'article L. 441-10 du Code de commerce.
Délai de paiement impératif
Un délai précis (8 à 30 jours) à compter de la réception, au-delà duquel vous engagerez une procédure.
Annonce des suites judiciaires
La mention qu'à défaut de règlement, vous saisirez le tribunal (injonction de payer ou référé), avec frais et dépens à la charge du débiteur.
Lieu, date et signature
La date donne sa force probante au courrier ; la signature du représentant légal engage la société créancière.
Points de vigilance
Quelques précautions distinguent une mise en demeure solide d'un courrier fragile. Elles tiennent autant à la forme qu'au calcul des sommes réclamées.
L'envoi en recommandé avec accusé de réception
La loi n'impose pas une forme particulière pour la mise en demeure, mais la lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) est vivement recommandée. Elle vous procure une preuve datée de l'envoi et de la réception — la date de réception faisant courir le délai que vous avez accordé. Sans cette preuve, il vous sera difficile d'établir devant le juge que le débiteur a bien été mis en demeure.
Un délai raisonnable
Le délai accordé doit laisser au débiteur le temps matériel de payer. Un délai trop court peut être jugé déloyal et affaiblir votre sommation. La pratique commerciale retient 8 à 15 jours ; en deçà de 8 jours, le caractère raisonnable du délai pourrait être contesté.
Ne réclamez que ce qui est dû
Gonfler la réclamation (taux excessif, frais non justifiés, somme contestée) fragilise l'ensemble du courrier. Tenez-vous-en au principal exigible, aux pénalités au taux opposable et à l'indemnité forfaitaire — la rigueur du décompte fait votre force.
Les erreurs à éviter
Envoyer un simple courrier ordinaire
Sans recommandé avec accusé de réception, vous ne pouvez pas prouver la date de réception ni que la mise en demeure a bien été délivrée. La preuve de l'envoi est essentielle pour la suite.
Oublier les pénalités et l'indemnité de 40 €
Beaucoup de créanciers réclament seulement le principal. Or les pénalités de retard et l'indemnité forfaitaire sont dues de plein droit : ne pas les inclure, c'est renoncer à des sommes acquises.
Appliquer un taux de pénalités inopposable
Un taux inférieur à trois fois le taux d'intérêt légal n'est pas valable. À défaut de taux contractuel, retenez le taux de la BCE majoré de dix points plutôt qu'un taux fantaisiste.
Réclamer une créance contestée ou prescrite
Une dette sérieusement discutée ou prescrite (en principe cinq ans entre commerçants) ne peut pas être recouvrée par cette voie. Vérifiez l'exigibilité et l'ancienneté avant d'envoyer.
Relance, mise en demeure, injonction : quelles différences ?
Le recouvrement d'une facture suit une gradation. Chaque outil a sa fonction et son moment ; les confondre fait perdre du temps ou de l'efficacité.
| Critère | Relance | Mise en demeure | Injonction de payer |
|---|---|---|---|
| Nature | Rappel amiable | Acte juridique formel | Procédure judiciaire |
| Forme | Email, courrier simple | LRAR recommandée | Requête au tribunal |
| Effet juridique | Aucun en soi | Constate le retard, prépare l'action | Titre exécutoire possible |
| Pénalités et 40 € | Peuvent être rappelées | Réclamées et chiffrées | Confirmées par le juge |
| Moment | Premiers jours de retard | Après échec des relances | Après mise en demeure restée vaine |
Que faire si le débiteur ne paie toujours pas ?
Si le délai imparti s'écoule sans paiement, la voie amiable est épuisée et vous pouvez engager une action judiciaire. La mise en demeure que vous avez envoyée constitue alors une pièce essentielle de votre dossier.
L'injonction de payer
C'est la procédure la plus adaptée aux créances certaines et non sérieusement contestées. Vous saisissez le tribunal compétent par une simple requête, accompagnée des justificatifs (facture, mise en demeure, accusé de réception). La procédure est simplifiée et non contradictoire dans un premier temps : si le juge fait droit à votre demande, il rend une ordonnance que vous pourrez faire signifier au débiteur, puis exécuter.
Le référé provision
Lorsque la créance n'est pas sérieusement contestable, le référé permet d'obtenir rapidement une condamnation provisoire au paiement. C'est une voie plus rapide, utile lorsque l'urgence ou le montant le justifient.
Privilégiez toujours l'amiable d'abord
Avant d'engager des frais de procédure, proposez un échéancier formalisé au débiteur qui rencontre une difficulté ponctuelle. Un accord écrit qui acte la dette et organise son règlement vaut souvent mieux qu'un contentieux long.
Questions fréquentes
Dans la quasi-totalité des cas oui, en pratique. Elle constate officiellement le retard, démontre que vous avez réclamé votre dû et constitue une pièce attendue par le juge pour une injonction de payer ou un référé. La franchir, c'est s'exposer à voir sa demande affaiblie.
Ce guide est fourni à titre d'information et reflète l'état du droit français applicable. Pour une situation complexe ou à fort enjeu, nous vous recommandons de faire relire votre document par un professionnel du droit.
Comment rédiger votre mise en demeure, étape par étape
Notre assistant vous guide question après question pour produire un courrier complet, calculé et conforme. Voici les informations à préparer :
Un document à votre nom
Vous obtenez un courrier au format PDF (et un format Word éditable) sans filigrane ni mention de la plateforme, avec le décompte des sommes dues et l'objet déjà rédigé, conservé dans votre coffre-fort et prêt à être signé puis envoyé.