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Contrat d'agent commercial

Le contrat d'agent commercial confie à un mandataire indépendant la mission de négocier et conclure vos ventes, dans un statut très protecteur. Personnalisez le vôtre en quelques minutes — et maîtrisez chaque enjeu (commission, exclusivité, indemnité de fin) grâce à ce guide à jour du droit français.

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Mis à jour le 11 juin 2026
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Voici à quoi ressemble votre document, rempli avec un exemple. Le vôtre sera rédigé à partir de vos réponses.

CONTRAT D'AGENT COMMERCIAL

Entre les soussignés :

La société Acme SAS, SAS au capital de 10 000,00 €, dont le siège social est situé 10 rue de la République, 75001 Paris, immatriculée au RCS de Paris sous le numéro 123456789, représentée par Camille Lefèvre, en sa qualité de Présidente

ci-après désignée « le Mandant »,

D'une part,

Et :

La société Bêta SARL, SARL au capital de 5 000,00 €, dont le siège social est situé 42 cours Lafayette, 69003 Lyon, immatriculée au RCS de Lyon sous le numéro 987654321, représentée par Paul Bernard, en sa qualité de Gérant

ci-après désignée « l'Agent commercial ».

D'autre part.

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Infographie : Contrat d'agent commercial — points clés, durée de personnalisation et nombre de références juridiques
Contrat d'agent commercial en bref — l'essentiel à retenir

Qu'est-ce qu'un contrat d'agent commercial ?

Le contrat d'agent commercial est le mandat par lequel une entreprise (le mandant) confie à un professionnel indépendant (l'agent) le pouvoir de négocier, et le cas échéant de conclure, des contrats de vente, d'achat, de location ou de prestation de services, en son nom et pour son compte. Il est régi par les articles L. 134-1 à L. 134-17 du Code de commerce.

L'agent commercial est défini par la loi comme le mandataire qui, à titre de profession indépendante, sans être lié par un contrat de louage de services, est chargé de façon permanente de cette mission de négociation. Trois éléments caractérisent donc le statut : l'indépendance (l'agent n'est pas un salarié), la permanence (la mission s'inscrit dans la durée, pas pour une opération isolée), et le pouvoir de négocier au nom du mandant. La Cour de justice de l'Union européenne et la Cour de cassation retiennent une conception large de la « négociation », qui n'exige pas nécessairement le pouvoir de modifier les prix ou les conditions de vente.

Un statut d'ordre public

Les règles essentielles du statut — notamment le droit à commission et l'indemnité de fin de contrat — sont d'ordre public : toute clause qui y déroge au détriment de l'agent est réputée non écrite (article L. 134-16 du Code de commerce). On ne peut donc pas « contractualiser » la suppression de ces protections.

À quoi sert ce contrat et qui est concerné ?

Le contrat d'agent commercial structure une relation de distribution durable sans recruter de force de vente salariée. Pour le mandant, c'est un développement commercial à coût variable, indexé sur les résultats. Pour l'agent, c'est l'exercice d'une activité indépendante, avec un statut protecteur qui sécurise sa rémunération et l'indemnise s'il perd le mandat. Le contrat fixe le territoire, les produits, le taux de commission, l'exclusivité éventuelle, la durée et les conditions de rupture.

Les parties au contrat

Le mandant

L'entreprise (le plus souvent une société) qui commercialise des produits ou services et confie leur promotion à l'agent. Elle conserve la maîtrise des prix et des conditions de vente, et reste tenue au paiement des commissions.

L'agent commercial

Le mandataire indépendant — personne physique ou société — qui prospecte, négocie et représente le mandant. Il agit à ses risques et doit s'immatriculer au registre spécial des agents commerciaux (RSAC) tenu au greffe du tribunal de commerce.

Agent commercial, VRP ou apporteur d'affaires ?

L'agent commercial est un indépendant régi par le Code de commerce ; le VRP est un salarié relevant du Code du travail ; l'apporteur d'affaires se contente de mettre en relation sans pouvoir de négociation permanent. Bien qualifier la relation est déterminant : une fausse qualification expose à une requalification, parfois en contrat de travail.

Quand recourir à un contrat d'agent commercial ?

Ce contrat est l'outil de référence dès que vous souhaitez confier durablement la commercialisation de vos produits ou services à un professionnel rémunéré à la performance, plutôt que d'embaucher. Quelques situations typiques :

  • Vous voulez ouvrir un nouveau territoire (une région, un pays) sans y implanter de salariés.
  • Vous lancez une gamme et cherchez une force de vente externe rémunérée à la commission.
  • Vous êtes vous-même commercial indépendant et formalisez la relation avec une marque que vous représentez.
  • Vous souhaitez une relation permanente — et non un simple coup d'apport ponctuel, qui relèverait plutôt de l'apporteur d'affaires.

Anticipez l'indemnité de fin dès le départ

Choisir l'agent commercial, c'est accepter qu'à la fin de la relation (hors cas exclusifs) une indemnité compensatrice sera due — usuellement de l'ordre de deux années de commissions brutes. Ce coût de sortie doit être intégré à votre modèle économique avant de signer.

Les clauses essentielles du contrat

Un écrit complet n'est pas exigé pour la validité du mandat — chaque partie peut d'ailleurs exiger de l'autre un écrit signé mentionnant le contenu du contrat (article L. 134-2). Mais un contrat détaillé est indispensable pour cadrer une relation à fort enjeu. Voici les clauses qui structurent l'équilibre du mandat.

Désignation des parties

Identité du mandant (société, immatriculation) et de l'agent, avec mention de son immatriculation au registre spécial des agents commerciaux. La qualité d'agent commercial doit ressortir clairement de l'acte.

Mission et territoire

L'objet exact de la mission (négocier et/ou conclure), la gamme de produits ou services concernée, et le territoire couvert (régions, départements, pays) ou la clientèle attribuée. Un périmètre précis conditionne le calcul des commissions.

Exclusivité

Clause facultative mais lourde de conséquences. L'exclusivité de secteur élargit le droit à commission de l'agent à toutes les opérations conclues sur le territoire (article L. 134-6), même celles traitées en direct par le mandant.

Commission

Le taux et l'assiette (chiffre d'affaires HT encaissé, par exemple), la périodicité de calcul et les délais de paiement. La commission est acquise selon les règles des articles L. 134-6 à L. 134-9.

Durée et préavis

Durée déterminée ou indéterminée. Le préavis légal minimal de rupture augmente avec l'ancienneté : un mois la première année, deux la deuxième, trois à partir de la troisième (article L. 134-11). On ne peut pas le raccourcir.

Indemnité de fin de contrat

Le rappel du droit à indemnité compensatrice (article L. 134-12) et des cas exclusifs. L'agent doit notifier sa demande dans l'année suivant la cessation, sous peine de déchéance.

Obligations réciproques

Loyauté et reddition de comptes de l'agent ; information de l'agent et mise à disposition des documents par le mandant (article L. 134-4). Ces obligations sont d'ordre public.

Confidentialité et clientèle

Sort des fichiers clients (propriété du mandant), restitution des éléments commerciaux en fin de contrat, et éventuelle clause de non-concurrence post-contractuelle, strictement encadrée.

Commission : comment l'agent est-il rémunéré ?

La commission est le cœur économique du contrat. Son taux est libre, mais les règles qui déterminent quand elle est due relèvent du statut protecteur et ne peuvent pas être contournées au détriment de l'agent.

Quand la commission est-elle acquise ?

L'agent a droit à la commission pour toute opération commerciale conclue pendant la durée du contrat, lorsqu'elle résulte de son action, ou qu'elle est conclue avec un client qu'il avait précédemment apporté pour des opérations du même genre (article L. 134-6). Lorsqu'il dispose d'une exclusivité de secteur ou de clientèle, il a droit à commission sur toute opération conclue dans ce périmètre pendant le contrat, même sans intervention de sa part.

La commission après la fin du contrat

Le droit à commission peut survivre à la rupture. L'agent y a droit pour une opération principalement due à son activité au cours du contrat et conclue dans un délai raisonnable après la cessation, ou pour une commande reçue par le mandant ou l'agent avant la fin du contrat (article L. 134-7). C'est un point souvent sous-estimé : la fin du mandat ne solde pas toujours les commissions.

Quand la commission peut s'éteindre

Le droit à commission s'éteint si l'opération n'est pas exécutée et que l'inexécution n'est pas due au mandant (article L. 134-9). Les commissions déjà perçues sur une opération qui ne se réalise pas finalement peuvent alors être restituées.

Rupture du contrat et indemnité de fin

La fin du contrat d'agent commercial est très encadrée, car c'est là que joue la protection la plus emblématique du statut : l'indemnité compensatrice de cessation. Comprendre son mécanisme est essentiel avant de s'engager.

Le préavis

Pour un contrat à durée indéterminée, chaque partie peut rompre en respectant un préavis qui croît avec l'ancienneté : un mois pour la première année commencée, deux mois pour la deuxième, trois mois à partir de la troisième (article L. 134-11). Les parties ne peuvent pas convenir de délais plus courts. La fin du préavis coïncide en principe avec la fin d'un mois civil.

L'indemnité compensatrice

En cas de cessation, l'agent a droit à une indemnité réparant le préjudice subi (article L. 134-12). La pratique des tribunaux retient le plus souvent une indemnité équivalant à environ deux années de commissions brutes, calculée sur la moyenne des dernières années — mais ce montant n'est pas un plafond légal et dépend des circonstances. L'agent doit notifier au mandant son intention de faire valoir ce droit dans le délai d'un an à compter de la cessation, faute de quoi il en est déchu.

Les trois cas où l'indemnité n'est pas due

L'indemnité n'est pas due (article L. 134-13) en cas de faute grave de l'agent, lorsque la cessation résulte de l'initiative de l'agent sans qu'elle soit justifiée par des circonstances imputables au mandant ou par son âge, son infirmité ou sa maladie, ou lorsque l'agent cède le contrat à un tiers avec l'accord du mandant.

Comment rédiger votre contrat, étape par étape

Notre assistant vous guide question après question pour produire un contrat complet et conforme au statut. Voici les informations à préparer :

  1. 1Identifiez les parties : le mandant (société, avec son immatriculation) et l'agent commercial.
  2. 2Délimitez précisément le territoire couvert : régions, départements ou pays, voire la clientèle attribuée.
  3. 3Décrivez la gamme de produits ou services concernée (catégories, marques, références) — évitez les formulations vagues.
  4. 4Décidez de l'exclusivité ou non sur le territoire, en mesurant son impact sur le droit à commission.
  5. 5Fixez le taux de commission, son assiette et ses modalités de paiement.
  6. 6Choisissez la durée et la date de début ; le préavis légal de rupture s'appliquera automatiquement.
  7. 7Désignez le lieu de signature et le tribunal compétent, puis relisez les clauses sensibles (exclusivité, indemnité) avant de signer.

Un document à votre nom

Vous obtenez un PDF (et un format Word éditable) sans filigrane ni mention de la plateforme, conservé dans votre coffre-fort, prêt à être signé par les deux parties.

N'oubliez pas l'immatriculation

Au-delà du contrat, l'agent doit s'immatriculer au registre spécial des agents commerciaux (RSAC) au greffe du tribunal de commerce. Cette formalité conditionne la pleine reconnaissance de son statut.

Les erreurs à éviter

Fixer un taux de commission trop faible

Un taux dérisoire fragilise l'équilibre de la relation et peut nourrir un soupçon de salariat déguisé, exposant à une requalification en contrat de travail.

Délimiter un territoire ou des produits flous

Un périmètre imprécis rend l'exclusivité impossible à mesurer et ouvre des litiges sur l'assiette des commissions. Soyez précis (régions, départements, gammes).

Croire pouvoir écarter l'indemnité de fin

Une clause supprimant l'indemnité compensatrice est réputée non écrite. La prévoir ne vous protège pas : seuls les cas exclusifs prévus par la loi en dispensent.

Négliger le délai d'un an de l'agent

L'agent perd son droit à indemnité s'il ne le notifie pas dans l'année suivant la cessation. Un calendrier mal suivi peut faire perdre ce droit important.

Agent commercial, VRP ou apporteur d'affaires : quelles différences ?

Trois figures de l'intermédiation commerciale sont souvent confondues, alors que leur régime juridique diffère profondément. Voici les principaux repères :

CritèreAgent commercialVRPApporteur d'affaires
StatutIndépendant (Code de commerce)Salarié (Code du travail)Indépendant, prestation de service
MissionNégocier / conclure, à titre permanentReprésenter et prospecter pour l'employeurMettre en relation, ponctuellement
RémunérationCommissionsSalaire et/ou commissionsHonoraires ou commission d'apport
Indemnité de finOui (sauf cas exclusifs)Indemnité de clientèle (sous conditions)Non prévue par un statut spécifique
Texte applicableArt. L. 134-1 et s. C. com.Art. L. 7311-1 et s. C. trav.Droit commun des contrats
Tableau comparatif — Agent commercial · VRP · Apporteur d'affaires

Effets et suites du contrat

Une fois signé, le contrat fait naître des obligations réciproques de loyauté. L'agent doit veiller aux intérêts du mandant, agir avec diligence et lui rendre compte ; le mandant doit mettre l'agent en mesure d'exécuter sa mission, lui fournir la documentation nécessaire et l'informer notamment lorsqu'il prévoit que le volume des opérations sera sensiblement inférieur à ce que l'agent pouvait attendre (article L. 134-4).

Pendant l'exécution, le mandant doit communiquer à l'agent, dans un délai raisonnable, un relevé des commissions dues et les éléments permettant d'en vérifier le montant. L'agent peut exiger les informations nécessaires, y compris un extrait des livres comptables, pour contrôler ce qui lui est dû.

Clause de non-concurrence post-contractuelle

Une clause interdisant à l'agent de concurrencer le mandant après la fin du contrat n'est valable que si elle est écrite, limitée au secteur géographique et aux produits ou services confiés, et d'une durée maximale de deux ans après la cessation (article L. 134-14).

Questions fréquentes

La loi n'impose pas d'écrit pour la validité du mandat, mais chaque partie peut exiger de l'autre un écrit signé mentionnant le contenu du contrat (article L. 134-2 du Code de commerce). En pratique, un contrat détaillé est indispensable pour cadrer le territoire, la commission, l'exclusivité et les conditions de rupture.

Ce guide est fourni à titre d'information et reflète l'état du droit français applicable. Pour une situation complexe ou à fort enjeu, nous vous recommandons de faire relire votre document par un professionnel du droit.

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